Apprendre à communiquer : un apprentissage possible à tout âge
- Delphine Sdika

- 13 déc. 2025
- 3 min de lecture
La communication est au cœur de nos relations et des liens que nous entretenons avec le monde.
Elle influence notre capacité à poser nos limites, à exprimer nos besoins et à rester en relation avec les autres sans nous perdre.

Pourtant, enfants, on ne nous a pas appris à communiquer. On nous a appris à être polis, sages, raisonnables, mais rarement à être authentiques.
Exprimer nos besoins, écouter ceux de l’autre sans projeter nos peurs ou nos blessures, cela ne faisait pas partie de l’éducation.
Très tôt, j’ai compris qu’il valait mieux taire ce que je ressentais.
Dans mon environnement familial, l’expression émotionnelle était perçue comme dérangeante.
Lorsque je pleurais ou me sentais triste, on me disait que j’étais une comédienne.
J’ai alors intégré ce message : cache ce que tu ressens.
Comme beaucoup d'enfants, j’ai appris à m’adapter, à contenir. Mais ce que l’on tait avec des mots, le corps l’exprime d'une autre manière.
La communication ne se limite pas aux mots
La communication ne passe pas uniquement par le langage verbal. Elle s’exprime en effet en grande partie via le non-verbal, c'est à dire le ton de votre voix, votre posture, votre débit de parole et aussi l’énergie que vous dégagez. Et nous en sommes rarement conscients.
Lorsque le verbal et le non verbal ne sont pas alignés, la communication devient confuse.
On parle alors de non-congruence.
Et dans ces moments-là, c’est toujours le non verbal qui est perçu en premier.
Une communication congruente s’apprend. Et elle peut s’apprendre à tout âge.
Conscience corporelle et communication juste
On ne peut pas bien communiquer si l’on ne sait pas ce dont on a besoin. Et on ne peut pas identifier nos besoins sans être à l’écoute de notre corps.
Tensions, fatigue, irritabilité, respiration courte sont souvent des signaux de besoins non entendus : repos, sécurité, reconnaissance, limites. Lorsque ces signaux sont ignorés, la communication devient défensive : on parle trop fort, on s’emporte, ou l’on se tait jusqu’à l’explosion.
Récemment, une cliente m’a dit :« J’ai l’impression de me comporter comme une sorcière avec mes enfants. Je crie tout le temps. ».
Je lui ai répondu que si cette “sorcière” apparaissait, ce n’est pas parce qu'elle était une mauvaise mère, mais parce que ses besoins n'étaient pas entendus, et qu'elle n'avait pas appris à en prendre soin.
Quand nos besoins sont reconnus, la communication s’apaise.
Il n’est alors en effet plus nécessaire de crier pour se faire entendre.
Du corps à la parole : apprendre à mieux communiquer
Lorsque la conscience corporelle se développe, la communication devient plus simple et plus directe. Les mots sont moins chargés, les limites plus claires, les échanges plus respectueux.
Être à l’écoute de son corps permet :
d’identifier ses besoins plus tôt
de poser des limites sans agressivité
d’exprimer un inconfort avant le conflit
de rester en relation sans s’oublier
La communication cesse alors d’être une lutte.
Elle devient une extension naturelle de l’écoute de soi.
Réapprendre à s’écouter pour mieux communiquer
Dans mon accompagnement, je ne travaille pas uniquement sur les mots, mais sur la relation au corps et au système nerveux. À travers le coaching et le neurofeedback, j’accompagne celles et ceux qui souhaitent améliorer leur communication en partant de l’écoute de soi.
Quand la conscience corporelle s’affine, les besoins deviennent plus clairs, et la communication peut retrouver
sa justesse.
On ne communique jamais mieux que lorsqu’on s’écoute enfin.




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